"Sectaire, ça commence comme sécateur, ça coupe. Ça coupe des parents,ça coupe des amis,ça coupe du monde professionnel,ça coupe du monde tout court.
Ma fille porte des cicatrices de ces coupures. Elle n'a plus ses racines, elle a renié son passé, elle oublie sa famille,ses amis, elle a tout rejeté. Elle s'est inventé une enfance malheureuse, elle n'aurait pas été comprise, elle n'aurait pas été prise au sérieux et, plus grave, elle n'aurait pas été aimée, elle nous l'a écrit."

"Tu es encadrée dans le bureau vert, une vieille photo, tu dois avoir douze ans. Tu es très charmante, tu fais jeune fille de bonne famille, coiffure classique, beau sourire.
Tu me souris chaque fois que je passe dans la pièce. J'y passe souvent, exprès.
J'ai la nostalgie du passé.
On s'entendait bien avant.
Pourquoi maintenant c'est si difficile ?
On est tous les deux orgueilleux et pudiques.
Si tu savais ce que je pense de toi, tu serais certainement bouleversée. Est-ce que je le serais aussi,si je savais ce que tu penses de moi ?
On ne dit rien, on ne montre rien.
Nos sentiments sont classés secret défense."

 

  

J'ai renoué avec l'écriture corrosive et l'humour grinçant de Jean-Louis Fournier, découvert avec "Où on va papa ?".
J'aime son regard sur sa vie, mais je n'envie pas sa vie.
J'aime cette écriture directe et ces jeux mots, mais je m'interroge sur les faits.

Jean-Louis Fournier, pour moi, c'est une écriture qui dit "Zut" à sa vie et qui s'en moque pour rester debout. Ce sont des mots qui me marquent, des situations qui me rejoignent et me touchent.
C'est un condensé de tendre violence.