"Lutter envers et contre tout : tout était notre maxime, lutter contre l'immobilisme de certains éducateurs, lutter contre le diagnostique médical, contre le découragement et les railleries des autres enfants qui heurtaient brutalement notre sensibilité.

Dans ce contexte de luttes, j'ai découvert, par hasard, un ouvrage de philosophie, avec notamment ces deux sentences : "nul n'est méchant volontairement", et "connais-toi toi-même"."

eloge

 

Alexandre Jollien, infirme moteur cérébral, avécu 17 ans dans un centre pour personnes handicapées. Il découvre "par hasard" la philosophie et, par la suite, l'étudiera et en fera son métier. 
L'auteur retrace son parcours tout au long d'un dialogue avec Socrate.
Il revient sur ces années en institution, sur les amitiés tissées, sur les éducateurs -bons et mauvais-, sur les difficultés rencontrées, sur la souffrance et la joie, sur sa sortie du centre...
Une réflexion sur ce qui est normal et sur l'anormal, sur la frontière entre les deux.
Travaillant en institution, j'ai forcément été très sensible à toute l'analyse d'un homme qui a connu un ncentre pour handicapés et qui le raconte du côté des jeunes. Des réflexions si vraies et si franches qui ne me laissent pas indifférente.
Son regard me permet un recul sur mon expérience. Il m'invite à relire ma pratique. Il me donne un nouveau souffle, peut-être plus exigeant, pour la rentrée scolaire.
      Deux extraits critiques qui me rejoignent : 
"Au centre, le personnel se réunissait souvent : que de réunions, de synthèses, de contrôles, de colloques ! J'ai toujours été frappé par le nombre d'heures que nos éducateurs passaient dans leut bureau, à boire des cafés et avaler des biscuits. Ils parlaient sans économie..."
"Des heures durant, ils discutaient, analysaient, commentaient nos moindres faits et gestes. Que de temps n'y consacraient-ils pas ! Cependant, cinq minutes avant la fin de leur service, ils étaient prêts à partir et gare à celui d'entre nous qui avait besoin d'aller aux toilettes !".